60% des hommes se sentent concernés par les tensions pour concilier travail et famille

Une récente note d’analyse produite par le CAS (n°247, novembre 2011) sur les nouvelles organisations du travail conciliant égalité femme/homme et performance des entreprises se base sur une étude sur la paternité du Boston College for Work and Family datant de 2010 pour mettre en avant la prise de conscience croissante des hommes concernant la difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale. En effet, aux Etats-Unis, 60% des hommes en situation de couple bi-actif sont conscients et touchés par ces tensions en 2008, contre 35% en 1977.

Dans le cadre de l’étude de la Fabrique Spinoza sur l’impact en termes de bonheur des inégalités hommes-femmes pour les hommes et les femmes, ces chiffres sont intéressants dans la mesure où traditionnellement, il est plus courant que la conscience de ce conflit soit le fait de femmes.

Cette progression semble indiquer une évolution de la perception du rôle de père dans le couple bi-actif, qui représente 60% des couples dans la majorité des pays de l’OCDE. Le rôle de l’homme ne serait plus focalisé sur la fonction de “gagne-pain” mais intègrerait donc une implication plus conséquente au sein du foyer et dans la prise en charge des enfants.

Ces chiffres sont encourageants et étant donné la similarité de la part de couples bi-actifs entre la France et les Etats-Unis (62,4% en 2002 d’après une étude de l’Insee), on pourrait penser que les hommes en France se sentent aussi davantage concernés par la gestion entre temps de travail et temps familial.

Cependant, la faible progression dans le partage des tâches domestiques laisse planer un doute quant à cette implication plus importante des hommes au sein du foyer : en 2001, les femmes réalisaient 75% des tâches domestiques, contre 80% en 1998 (Dominique Méda, Le temps des femmes – Pour un nouveau partage des rôles, 2001).

Lire la note d’analyse du CAS