Sur la base d’un classement opéré par l’institut de recherche Gallup, la France serait le 28ème pays le plus heureux au monde. Ce classement est dominé par le Danemark, d’une courte tête devant le Canada et la Suède. Les Etats-Unis sont 8ème.

Ces résultats sont issus d’une enquête réalisée en 2010, dans 124 pays, sur cinq continents. Les personnes interrogées sont invitées à évaluer, sur une échelle de 0 à 10, leur degré de bonheur au moment précis de l’appel téléphonique (première question), puis à estimer ce même niveau de bonheur dans cinq ans (deuxième question). Cette méthode permet de distinguer trois catégories : les personnes qui se considèrent épanouies, les personnes qui déclarent lutter au quotidien sans atteindre le bien-être, les personnes en mal-être. Pour établir son classement, la Fondation Gallup établit le pourcentage des personnes interrogées appartenant à la première catégorie.

Cette méthode de calcul indique que la France est 28e pays en % de gens les plus prosperes en terme de bien-être.  42% des français sont heureux, contre 72% des Danois, et seulement 1% des Tchadiens. Si le classement de la France semble raisonnable (la France est dans le premier quart du classement), il n’en demeure pas moins que le résultat brut est inquiétant. En effet, six Français sur dix se considèreraient comme faiblement heureux, voire malheureux. De plus, la France est un rang moins bien classé que l’Arabie Saoudite, régime non démocratique.

Deux remarques pour approfondir la réflexion. La première concerne la méthode de lecture de l’enquête. Le regard de la Fondation Gallup se concentre sur la première catégorie, les personnes qui se déclarent heureuses. On notera que le classement de la France serait sensiblement différent selon la proportion de personnes en souffrance, résultat qui pourrait renforcer notre inquiétude.

Ensuite, et sans réelle surprise car cohérent avec d’autres types de mesure, les pays scandinaves sont aux premières places de ce classement.

La Fabrique Spinoza réalise elle-même, ou s’appuie sur des recherches, notamment en sociologie du bien-être, pour déterminer les sous-jacents à ces classements respectifs, et voir s’ils pourraient constituer des leviers d’action citoyens adaptés pour la France.

Voir les chiffres du classement.