« Happiness Budget », discours prononcé par Herman Van Rompuy, le 23 mai 2011.

Pour Herman Van Rompuy, le développement économique et le bien être des populations ne sont plus nécessairement corrélés. Il incite donc la Politique à replacer le bien-être des citoyens au centre des préoccupations. Pour ce faire, au-delà des compétitions, une inspiration commune est à recréer.

Ce discours révolutionnaire positionne l’Europe sur la question cruciale du Bonheur dans nos sociétés modernisées.

Dans un contexte socio-économique difficile résultant de la crise de 2008, le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy délivre un discours humaniste intitulé « Le budget du Bonheur » pour aborder le thème consacré à la place du bonheur dans nos sociétés. Le rapprochement du terme budget et bonheur insuffle un vent de nouveauté dans les rapports habituels qui lient le budget à l’économie. Pour lui, la question fondamentale est de savoir comment construire une société dans laquelle croissance économique et bonheur constituent des principes d’égale importance.

Construire cette nouvelle société exige de repenser entièrement notre modèle économique : une économie plus humaine, centrée sur les individus et leur bien-être, une économie où prospérité est synonyme de bien-être comme nous l’enseignent les écrits d’Aristote, sources d’inspiration partielle de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

En dépit de l’amélioration de nos conditions de vie et des richesses accumulées par le développement de l’économie, le bonheur reste l’unique facteur qui nous reste à conquérir.

La croissance économique, moteur de nos sociétés doit à présent être considérée différemment, c’est à dire comme vecteur de prospérité, définie par la création d’emplois, la santé, la liberté, le système social et la qualité de vie.

Enfin, l’espoir  ne doit en aucun cas être mis de côté. C’est grâce à celui-ci que les citoyens européens pourront continuer à se battre pour défendre leur bonheur personnel et, ce faisant, faire avancer la société collectivement, ce qu’il prénomme  « distribuer un dividende collectif du bonheur ».

Dans ce nouveau modèle de société, la compétition entre les individus doit être moins jalouse, plus saine et respectueuse des valeurs humaines fondatrices de l’Union Européenne.

Réflexions de la Fabrique Spinoza :

  • Malgré un rebond économique moindre qu’aux Etats-Unis, et une perte d’influence économique et politique face aux pays émergents, l’Union Européenne est en revanche en avance idéologiquement en termes de Politiques du bonheur.
  • Malgré les tentations d’égoïsme économique  suite aux crises de la dette Grecque et la remise en cause par certains de l’espace Schengen, Herman Van Rompuey illustre la volonté insoumise en Europe d’inventer des modes de vivre ensemble nouveaux.
  • Au sein de l’Europe, jouissant d’une plus grande liberté de pensée, les institutions non-nationales comme l’Union et l’OCDE font figure de proue sur ces sujets.
  • Grâce aux politiques du bonheur, une vision émergente du vivre ensemble pourrait naître et permettre de resserrer les liens entre les nations et les peuples d’Europe, dépassant le manque d’unité politique et les frondes locales des populations.

Lire le discours dans son intégralité.