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On connaît tous les proverbes assez prosaïques qui mettent en avant l’importance de l’argent dans une vie heureuse: l’argent ne fait pas le bonheur… mais y contribue fortement, faute d’argent, c’est douleur non pareille  ou encore on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche. Cette perception de l’argent qui serait facteur de bonheur se retrouve d’ailleurs dans différentes enquêtes: c’est ainsi que d’après une enquête IFOP, 61% des Français affirment « manquer d’argent pour être tout à fait heureux » contre 33% qui préfèrent l’amour.

Des nations riches mais moins heureuses que d’autres

Pourtant, lorsqu’on regarde les classements des pays les plus heureux, la France où le PIB/tête est le 5ème plus important au monde, apparaît loin derrière des pays dont les habitants ont un niveau de vie bien inférieur aux Français […]

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Les recommandations de la Fabrique Spinoza

Inspirée par ces recherches, la Fabrique formule quelques propositions.

Proposition 1 : Incorporer des enseignements sur la relation entre argent et bonheur dans le système éducatif afin de mettre les populations en capacité de réfléchir à cet enjeu. Tout en ouvrant la possibilité de choix d’orientation moins marqués par l’aspiration de revenus futurs, de tels enseignements permettraient également d’avoir une relation à l’argent plus apaisée.

Proposition 2 : Faire apparaître sur la feuille d’imposition sur le revenu le ratio du ménage concerné par rapport au  revenu médian[1] ou moyen, éventuellement uniquement pour ceux situés au-dessus de ces seuils. En effet, peu de personnes connaissent le revenu médian en France qui est de 1 610 euros par mois tandis que le salaire moyen est de 2 082 euros. Cette méconnaissance des revenus des Français par la population aboutit à des situations très paradoxales: c’est ainsi que les Français placent le seuil subjectif de richesse à 4 660 euros par mois pour une personne, une somme pourtant perçue par seulement 3% d’entre eux[2]. Un autre outil, ayant également pour but de mieux se placer sur l’échelle des salaires en France, est celui imaginé par l’observatoire des inégalités qui permet à chacun de se situer dans la hiérarchie des salaires en France[3] ( intégrer une capture d’écran à cet endroit: rentrer un salaire de 2000 euros et en prendre l’image.) Par exemple, toucher un salaire mensuel de 2000 euros place un individu dans les 34% de la population la plus riche du pays. Une meilleure perception de la répartition des salaires par les ménages eux-mêmes ouvrirait la voie suivante.

Proposition 3 : Prendre en compte dans les réformes fiscales  la subjectivité du revenu ou de la satisfaction quant à son salaire.

Proposition 4 : Encourager les entreprises à réfléchir à leur politique salariale et notamment aux écarts importants qui peuvent exister au sein d’une même compagnie comme vecteur de frustration des collaborateurs, donc comme possible frein à leur performance. A titre d’exemple, Henry Ford, fondateur du constructeur automobile Ford, estimait au début du 20ème siècle que le salaire d’un patron ne devait pas être supérieur à 20 fois celui de l’ouvrier le moins qualifié.

Proposition 5 : Faire émerger la recherche française sur le bonheur qui reste encore en marge de ce qui se fait aux États-Unis ou au Royaume-Uni en développant par exemple des enseignements sur ce thème dans les master d’économie comme peut le faire l’École d’Économie de Paris.

Proposition 6 : Réaliser des études en France (plutôt qu’américaines) sur l’existence éventuelle d’un revenu optimal.

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[1] Le revenu médian est le revenu qui divise la population en deux parties égales c’est-à-dire que 50% de la population gagne un revenu supérieur et 50% gagne un revenu inférieur.